Le pavillon de l'actu

ici nous allons tenter de reagir sur ce qui se passe de futile et d'important!!

15 février 2007

Le PS en crise, et les autres.

Et oui, qui pour mieux parler politique qu'un observateur exterieur, pas de prejuges, etre objectif est de mise.

Pour ceux pour qui ca ne tilterait pas tout de suite, il y a eu comme un froid au PS apres une regrettable blague.Situons la bourde, explicitons la.
Arnaud Montebourg, soutien et porte-parole de Ségolène Royal, est invite au grand journal sur Canal +. durant l'interview, l'animateur questionne le porte-parole sur l'eventuel defaut de sego. Le député de Saône-et-Loire a alors répondu du tac au tac : "son compagnon", blague minable, mais erreur fatale! Une assistance choquee par ses propos, et meme s'il avoua que c'etait une plaisanteris, le mal était fait. Ce meme porte-parole, se sentant confus, se mit a appeler Hollande et Sego, mais la polemique avait deja fait son chemin. Resultat?
Suspension du porte-parole, tandis que la droite se marre.

Ségolène allait promener ses grandes espérances au pays de la peine de mort, de la censure et de l’absence de liberté d’expression : la Chine. La Chine, ce grand pays hyper pollueur, hyper producteur, hyper concurrent de la vieille Europe qui, dans l’immédiat, ne peut que subir l’invasion en fermant sa gueule et quelques usines. En Chine, comme au Liban quelques semaines auparavant, Ségolène n’y allait que pour tendre l’oreille. En Chine, elle a goûté aux dictons, mais en s’emmêlant un peu les baguettes par la suite.

Cette fois, cela touche directement Sego, et c'est ce qui m'a emmene a faire ce message. Miss PS a encore réussi à faire parler d'elle. La première journée en Chine de Ségolène Royal a été marquée par l'emploi du néologisme "bravitude" et ses nombreux commentaires. Hier, elle a expliqué : "C'est de la poésie, disons que la Muraille m'a inspirée." Quel sacrilege, ma prof de francais s'est chargee de nous marteler de precautions, pour ne jamais emettre de neologismes durant un oral au bac. Ainsi, comme vous avez pu le constater, non seulement le corps des professeurs s'est dit outre, mais une bonne partie de la populace!

Quoi, vous n'en revenez toujours pas de cette faute?

Je vais vous la refaire:
Il etait une fois une politicienne qui s'en allat en Asie. Un jour, sur la muraille haut perchée, et « enchalée », cette dame declara: "Comme le disent les Chinois, un Chinois qui ne vient pas sur la Grande Muraille n’est pas un brave et un Chinois qui vient sur la Grande Muraille conquiert la bravitude". On dirait du Raffarin ! A croire que le Poitou inspire de travers ! La bravitude ! Et pourquoi pas la bravance ou la bravité ? Branchitude ? Blablaitude ? Celle qui s’est fixé comme principe de parler vrai, sans langue de bois, démarre mal. Sa « vie chère » (chéritude ?) n’était déjà pas terrible, ça faisait un peu discours ras des pâquerettes pour enfants attardés, mais cette bravitude dépasse tout. Elle-même d’ailleurs s’en est vite rendu compte (elle s’est entendue) et le lendemain, devant les journalistes, elle a versé dans l’autodérision en déclarant en gros que parfois mieux valait se taire que de dire n’importe quoi. Oui car sa declaration n'a pas de fonction determinative, mais etait seulement presente pour embellir, ici ce sera enlaidir dirons-nous, un cadre qui ne meritait en rien un massacre de la langue. Je peux bien parler, je suis deja alle en Chine!

Vous vous dites que je critique Madame Royal? Cela veut-il dire que je suis subjectif? Pas forcement, je base mon opinion dans des donnees, cela tient l'aspect d'un raisonnement, je ne tirerai pas de conclusions hatives..

Plus tard, dans sa séduisante parce qu’effarante façon de mélanger sur tous les sujets la carpe et le lapin, l’intérêt général et les besoins du peuple, l’idéal démocratique et l’exigence de vérité, Ségolène est même parvenue d’un même élan, dans une même phrase, à regretter les délocalisations d’entreprises françaises vers la Chine tout en saluant le grand partenaire économique de l’hexagone qu’est aujourd’hui l’empire jaune. Comment peut-on faire l'eloge et le blame a la fois? Prenez des cours avec Sego, vous y arriverez. Du baratin, plein de bravitude et d’approximatiance, quelque chose qui ressemble à de l’à peu près, sans doute pour faire "peuple" pour faire "comme tous les Français", l’obsession de la madone rose, "faire comme tous les Français", se placer au même niveau d’incompétence parfois, de naïveté souvent, de légèreté par certains moments aussi.La bravitude résume bien l’entreprise Royal : ça n’existe pas vraiment, c’est une sorte de charabia, mais ce n’est pas condamnable, ni honteux, ni irrattrapable. Attention je ne critique pas les francais, c'est la vision de Segolene Royal, plaire au peuple, en lui disant ce qu'il veut entendre, comme a des anes dont la carotte menerait a une election a l'Elysee, ne soyez pas aveugles, amis francais!

Reconnaissez l'absurdite des consequences. Ce neologisme etait meme en passe de rentrer sur WIkipedia. En effet, un internaute a mis une entree. Mais celle-ci a ete contrecarree par un autre. Un debat ou tous sont amenes a voter a eu lieu..Les neologismes, tel le "abracadabrantesque" de Chirac, sont acceptes, mais un predecesseur avait deja prononce ce terme, en la qualite de Rimbaud(oui, celui-la meme qui etait gay avec Verlaine). Dans le cas de Royal, pas de predecesseur jusqu'a lors.

On l'aura compris, Royal n'est pas doue en politique etrangere. Une fois a-t-elle du intervenir et parler du Quebec, moment ou elle parle implicitement d'independance. Meme probleme avec la Corse au cote d'un comique, celui-ci lui dit que sa bourde avec les quebeccois serait comme donner l'independance aux corses, et celle-ci repond que nombre de francais n'y serait pas contre. Encore une fois, elle tente de minimiser mais c'est trop tard!! Sarko se debrouille mieux avec les etrangers. Il donne meme son avis, moralisateur tout de meme, sur le sujet. Si c'est une plaisanterie, elle est de mauvais goût. Je suis consterné. Une gaffe, c'est une méconnaissance ou une incompétence. Là, hélas, même pour rire, c'est plus grave. C'est la Corse. Pour moi, c'est un sujet sérieux, spécialement quand je parle au Premier ministre d'un autre pays. Je l'ai cite, de peur de mal retranscrire ses mots.

Par contre je ne peux que condamner le projet de Sarko pour les prisons pour enfants, c'est vraiment aberrant! De plus, il parle de plus d'heures de travail pour un meilleur rendu, pourquoi ne pas plutot s'occuper des chomeurs, que de les marginaliser?!

Donc pour qui voter?
Et bien si les elections etaient dimanche, un sondage revele que Royal gagnerait a un peu plus de 50 % contre un peu moins de 50% pour Sarko. C'est sur que Sarko peut faire des vilaines choses, mais avec Royal, on peut etre certain qu'elle ne ferait rien d'aussi mal, meme si elle baratinne beaucoup^^

QUelque chose aussi bien interessant que comique:
http://nicolas.sarkozy.over-blog.net/article-5294953.html

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22 janvier 2007

Il a essayé d'aimer

C'est une nouvelle dont tout le monde a déjà ou aura rapidement entendu parlé. L'abbé Pierre est mort ce matin à 94 ans. Je ne sais pourquoi l'émotion est si vive en revoyant les images de cet homme à travers les décennies. Pas grand chose à en dire, les réactions sont suffisamment fortes, nombreuses pour cela. Je voulais retrouver juste sa voix pour le blog, et l'appel 54 en entier. Mais il s'agit d'un appel radiophonique, et pour l'instant les média soit le coupent, le montent sur des images, ou reprennent même la deuxième intervention que fit plus tard l'abbé, cette fois à la télé. Donc je vous mets le texte en intégralité. On le trouve sur le site d'Emmaüs notamment. "Mes amis, au secours..." Un cri, et une indignation, une colère durant des années et des années. Un appel oui, mais d'abord un appel au secours, la voix de l'abbé, se substituant à la voix déjà éteinte de la femme trouvée morte. Cet appel au secours que personne n'a voulu entendre et que l'abbé nous force à écouter, pour que ce geste ne soit pas éternellement vain. Ce détail terrible, toujours criant lui-même, criant d'actualité cet hiver encore: une femme identifiée grace à l'avis d'expulsion qui l'a mise à la rue, l'a livrée au froid et à la mort.

50 ans après on ergotte toujours sur les sans-abris, les logements sociaux, les appartements vides, la spéculation immobilière. En catastrophe quelques tentes le long du canal Saint-Martin à Paris obtiennent un début d'intérêt de la part des pouvoirs publics. Comme en 54 où douze mille logements sociaux avaient été construits à la suite de la mobilisation. Et puis voilà. C'est tout. Ou presque. Des lois existent pourtant. A commencer par l'obligation de construire dans chaque commune des logements sociaux. Mais si à Neuilly Plaisance (93) depuis bientôt 60 ans la communauté d'Emmaüs accueille les précaires, à Neuilly-sur-Seine (92), commune de Nicolas Sarkosy, la loi n'est pas respectée et l'on ne veut pas des nécessiteux, de cette population susceptible d'habiter dans les logements sociaux. D'un Neuilly l'autre.

Alors cet appel, encore une fois, et une voix, incomplète dans le document que j'ai trouvé, mais une présence néanmoins pour nous rappeler que depuis 53 ans cela dure, et que notre volonté pour rendre cela impossible, pour en finir avec cette injustice, doit encore s'exercer. Cela avec la voix d'un homme qui, répondant à un journaliste, avait dit que sur sa tombe l'on pourrait inscrire "il a essayé d'aimer".

Appel de 1954, l'abbé Pierre sur les ondes de Radio Luxembourg le 1er février 1954, amorce d'une "insurrection de la bonté"

Document sonore coupé sur Lemonde.fr, et le texte intégral si après.

Mes amis, au secours...

Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait expulsée...

Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !

Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots : « TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS, ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.

Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !

Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain :
• 5000 couvertures,
• 300 grandes tentes américaines,
• 200 poêles catalytiques

Déposez les vite à l’hôtel Rochester, 92 rue de la Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci !

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20 janvier 2007

Le seul défaut d'Arnaud Montebourg

Une brève pour revenir sur le "terrible incident" de la semaine politique: la phrase de Montebourg au sujet de Hollande qui lui a valu une sanction de la part de Ségolène Royale. Rappel des faits.

Dans l'émission de Denisot sur Canal + je crois, Montebourg, interrogé sur les faiblesses de la candidate socialiste dont il est porte-parole de campagne, indique que "le seul défaut de Ségolène Royal est son compagnon" (François Hollande donc, premier secrétaire du parti socialiste). Boutade qui fait rire l'assistance, et en même temps la sidère du fait de la violence du propos qui normalement ne s'applique qu'à des adversaires politique de l'autre bord, et non aux membres de son parti.  La transgression est imposante, politique et médiatique à la fois. Ca ne se dit pas. Surtout pour faire rire. Dès le lendemain, malgré des excuses de Montebourg à sa candidate, Ségolène Royal indique publiquement, qu'elle sanctionne son porte-parole en lui retirant pour un mois son statut auprès d'elle dans la campagne. Elle fait cela après avoir été plusieurs fois interrogée sur la déclaration de Montebourg par les journalistes qui la suivent.

Cette réaction de la candidate a été assez globalement critiquée par la presse. On s'est gaussé en la dépeignant comme l'instit qui punit un élève ayant fait une bétise. On peut être impressionné par la capacité de Montebourg à s'affranchir des conventions, mais il n'en demeure pas moins que cet écart appelait inévitablement une réponse, sous forme de sanction. Et très franchement ce type de réaction qui moque la réaction de Ségolène Royal m'irrite au plus haut, et ce pour plusieurs raisons.

La première est que les journalistes eux-mêmes se sont emparés de cet événement et ont réclamé une réaction. Dès lors celle-ci allait être soit trop laxiste, soit trop ferme à leurs yeux, pour nourrir le commentaire. Ségolène Royal a préféré est sévère, et en soit je ne blâme pas son choix même si par ailleurs je la trouve vraiment faible sur beaucoup de sujet. C'est quand même sa vie privée qui était attaquée, et par une personne qui devait la défendre. L'attaque était publique, et les média attendaient donc une réponse publique. Même si comme j'ai pu l'entendre tout le gotha médiatique pensait tout bas ce que Montebourg a dit tout haut, ce n'était pas à lui de mettre en oeuvre cette violence. La réponse apportée par Ségolène Royal a déplu peut-être aussi parce qu'à travers Montebourg les journalistes qui pensaient cela se sont senti indirectement visés, punis, ce qu'ils n'ont pas acceptés.

La seconde c'est que l'image de l'instit est globalement machiste, et que même si Ségolène Royal a abusé de cet argument de la victime de l'imagerie masculine, pareils commentaires tendent à lui donner raison malheureusement. Les fantasmes qui se mettent en palce autour des deux principaux candidats parasitent et empêchent tout débat, puisque l'on a le choix finalement entre une figure de la mère, tendre, mais qui sait punir, et celle d'un père ferme mais qui sait défendre. Et ce genre d'image de l'institutrice entretient à la fois l'argumentaire victimaire de Ségolène Royal et ces fantasmes de représentation.

La troisième est que Montebourg a une fonction, porte-parole de campagne, et que cela implique des responsabilités. Lui qui insiste en permanence de la morale des représentants publics a oublié qui ne parlait pas en son nom, mais en celui de la candidate de son parti. Ou s'est-il servi de cette position, le pouvoir lui tournant les esprits?... Règlement de compte en public dans un cadre déplacé quand il est invité au titre d'une fonction publique, c'est une sacrée confusion des genres et des registres...

La quatrième et peut-être principale concerne encore une fois directement Montebourg. Il y a presque un an, je l'avais vu dans Arrêt sur images, l'émission de France 5. Il y était venu, en demandant quasiment une émission spéciale, pour se plaindre des émissions de variété ou pseudo société/info qui invitait des politiques au milieu de people, détournant le discours politique vers un divertissement, des rires,etc. Titre de l'émission: "Politique spectacle: le ras-le-bol?". Montebourg s'était alors engagé à ne plus retourner dans ces émissions, expliquant qu'elles n'étaient que des pièges qui parasitaient le discours politique, le travestissaient. Alors il a beau jeu d'y revenir maintenant qu'il a un rôle politique, et de nourrir ce type d'émissions, leur offrant sur un plateau ce type de petites phrases qu'elles attendent... Faut-il voir alors dans cet "événement" la révélation d'une nature profondément ambivalente du porte-parole? Critiquant d'un côté un comportement auquel profondément il aspire secrètement?... Sa déclaration apparaitrait alors comme un "gros" retour du refoulé après un déni, une censure qu'il a dû affirmé publiquement sur le plateau d'Arrêt sur image il y a un an. Un nouveau type de perversité à débusquer? La perversion médiatique? La perspective m'amuse pas mal de voir l'îcone du discours public moral chuter là même où il prétend régner et faire la loi, dicter la justice...

Enfin, tout ça n'est pas très sérieux, et c'est bien l'anecdote qui fabrique la parole médiatique. Je remarque une fois de plus que, côté journalistes, de presse à paresse il n'y a qu'une lettre de différence, et que cet ajout n'est parfois pas très visible...

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15 janvier 2007

Signalisation autrichienne (de garde?)

Une brève sur un sujet qui m'a fait exploser de rire l'autre jour. Je l'ai découvert dans la matinale de canal +, rubrique de Léon Mercadet. J'imagine donc que le sujet à transiter dans toutes les émissions de la chaîne, mais n'étant pas très familier de celles-ci, j'ose sortir le scoop.  J'ai donc par la suite fait des recherches pour trouver les images illustrant son propos, et je suis tombé sur un article du Point de décembre origine de l'affaire... N'étant pas abonné à la revue, ni à son format internet, j'ai farfouillé dans mon entourage, et après moultes investigations, la voici la voilà, l'info cruciale, la décision politique à même de changer la société. Mais une illustration vaut mieux qu'un long discours:

signalisation_autrichienne

L'égalité des sexes, jusque dans la signalisation urbaine. Fallait y penser. Alors je vais pas développer le potentiel discours qui pourrait justifier cela. Je ne vais pas me référer à la question du neutre absorbé par le masculin au cours du Moyen-Age en France. Ni à Kant et à la question des catégories et de leurs représentations dans la pensée. Je vais juste rapporter la justifiction donnée par, je pense, les autorités de Vienne, initiatrices du projet. Il s'agit d'user du pouvoir des signes pour, en modifiant des habitudes visuelles, amener les gens à réfléchir et agir différemment (source des propos: toujours cet article du Point). Dis comme ça, pourquoi pas. On en viendrait presque à trouver ça pas si con. Mais quand même... Il me suffit de poser mon regard sur cette série de panneaux de signalisation, de m'attarder deux secondes sur cette femme qui court vers la sortie, ou sur cet homme avec un bébé, en quête d'un siège dans les transports en communs, et qui, faute de sein pour allaiter, se voit apparemment accompagner d'un sigle de goutte de lait (?), détail bizarre au-dessus de la main de l'enfant, pour commencer à sourire et me dire que le potentiel comique de l'affaire dépasse de loin son potentiel sociologique et comportemental. D'autant que cette expérience montre d'emblée quelques limites. Ainsi le panneau de chantier n'a finalement as été retenu (question de représentativité sociale invoquée: peu de chances de voir des femmes ouvrières sur des chantiers). Et par ailleurs la stylisation du vélo féminin me paraît étonnant: le panier qui devance son guidon ne serait-il pas lui-même un résidu misogyne, à travers cette idée préconçue de la femme appelée à faire les courses pour le ménage? Ca laisse rêveur...Etonnant combat que celui de ces panneaux en autriche qui tentent de renverser les idées préconçues à grands renforts de clichés et se stéréotypes, formes indissociables de la signalisation.

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23 décembre 2006

Noel, que faut-il en retenir?

Ah, Noel nous a fait rever bien des annees jusqu'a l'evenement fatal..Pour ma part je renie ce que l'on m'a avoue, continuons a y croire!!Le pere noel reste l'ami que tout le monde possede, c'est un ami dont la relation se travaille a distance, et avec tout le monde!

De tous côtés, on n’entend plus que des vœux de «Joyeux Noël». Mais s’il y a une personne à qui il ne faut pas le souhaiter, c’est bien à la mère Noël. Son bonhomme n’est jamais à la maison dans la nuit du 24 au 25 décembre. Vous imaginez ?

Quand il rentre, il va directement se coucher. Un sourire béat aux lèvres. Et c’est qui, qui aura à soigner sa pneumonie ? Parce qu’à force de courir les pays enneigés et puis de passer en coup de vent sous les tropiques, évidemment, il attrape la crève.

Mais le père Noël en a vu d’autres. C’est pour cela que rien ne peut entamer sa bonne humeur. «Ho ho ho.» Il n’a que ce mot à la bouche. Un peu plus tard, il nous confiera que c’est le meilleur moyen de calmer la mère Noël, qui tous les ans le supplie de l’emmener faire sa tournée avec lui. C’est qu’elle en a marre de passer cette soirée, où l’ambiance festive est de rigueur, toute seule à guetter le moindre son de cloche des rennes.

D’accord elle a promis de ne pas faire de bruit. De ne pas faire de commentaire sur les souliers mal cirés, sur certains sapins ficelés à la va-vite. Ou sur le goût douteux des propriétaires de certains salons, visiblement portés sur les bibelots kitsch. Mais allez faire confiance aux femmes ! «Ho ho ho», le père Noël fait celui qui est débordé.

-Faire plaisir aux enfants(Tout le monde est concerne, on reste des eternels enfants, non?^^)

D’autant plus que son cadeau de Noël au… père Noël, c’est justement de pouvoir – une fois l’an – passer la nuit dehors, sans avoir à se justifier. Il peut enfin rentrer à n’importe quelle heure, car sa mission n’attend pas. Il s’agit de faire plaisir aux enfants. Tous les enfants. Que ce soit ceux avec de vieilles godasses trouées, refilées au petit frère par son aîné ou ceux avec une paire de baskets griffées. Et dire que parfois, des insolents qui se croient intelligents, disent – comme le leur ont appris les grandes personnes – que le père Noël n’existe pas.

Mais rien ne peut refroidir sa rouge passion (aussi rouge que son costume), qui est d’allumer cette petite étincelle dans les yeux des petits, récompense suprême d’une année d’efforts. Vous vous demandez peut-être comment il la voit cette étincelle, le père Noël. Car quand les enfants se réveillent au matin de la fête, il est déjà loin. Mais connaissez-vous la trêve de Noël ? Alors trêve de questions.

Laissons parler le principal intéressé. Grand voyageur qui a bien voulu, le temps d’une rencontre, évoquer pour nous ses passages à Maurice.

«Ho ho ho.» Toujours le même optimisme quand le père Noël aborde des sujets graves. «Ces Mauriciens, ce sont décidément des gens pratiques, vous savez.» ému, il constate que sa visite devient plus simple quand il n’a qu’à soulever un pan de tente pour garnir les savates toutes plates et usées des enfants de squatters. «D’habitude ils courent pieds nus, mais là, ils font un effort juste en mon honneur», s’enthousiasme le père Noël. Là, il sait qu’il ne risque ni de se prendre les pieds dans le tapis, ni de se cogner aux meubles, car ils sont éparpillés dans la nature. Ce n’est pas grave s’il n’y a pas d’électricité, c’est une facture en moins à payer.

-Des Lettres Kilometriques

«Ce sont des gens bien sympas. Ils se mettent au bord de l’autoroute, pour que j’arrive plus vite chez eux. Plusieurs familles ont eu la bonne idée de se regrouper, cela m’arrange.» Et s’il n’y a pas d’eau, que l’atmosphère est insalubre, ce n’est pas bien grave, le père Noël a grand cœur, il est compréhensif.

Cela lui permet de soulager ses sinus congestionnés à cause du froid dans l’hémisphère Nord.      

Justement, si les enfants de squatters ont plutôt tendance à laisser le choix de cadeaux à la discrétion du père Noël, il y a d’autres petits Mauriciens qui lui écrivent des lettres kilométriques.

Téléphone portable, robot dinosaure à Rs 7 000 l’unité, voiture pour enfant qui vaut plus cher qu’un mois de salaire d’un cadre moyen. Le père Noël n’est pas vraiment la dupe de ces enfants gâtés qui promettent d’être sages. Il sait que ce sont de purs produits de la société de consommation. Des pubs qu’ils regardent sur les chaînes satellitaires. Celles que les parents les autorisent à regarder pour avoir la paix.

Et si ces enfants gâtés vont se désintéresser très vite de cette nouvelle babiole – ils en ont déjà tellement dans les placards de leur chambre (dès le lendemain ils seront attirés par d’autres pubs) – le père Noël s’en va ravi d’avoir pu, ne serait-ce qu’un instant, les détourner de leurs deux idoles : télé et PC.

Quand on lui demande du matériel scolaire pour Noël, il sait bien que la lettre a été dictée par un parent. Le père Noël se dit alors, qu’il pourra contenter une grande personne. De celles qui font semblant de ne plus croire en lui depuis longtemps.

Parlons-en des parents justement. Si certains sont très coopératifs, d’autres le sont moins, rendant délicate la tâche du père Noël. Comme l’exemple de cet enfant qui voulait un train électrique, mais sans aucune pièce métallique, parce que «mon père est un chasseur de ferraille.

Il ramasse tout ce qu’il voit : les bancs publics, les ornements de tombes au cimetière. S’il vous plaît, père Noël, je ne veux pas que papa joue au train avec moi», avait-il écrit.

Cas plus difficile, le bonhomme se souvient de cet enfant dont le père faisait la grève de la faim à l’époque de Noël. Dans une première lettre, l’enfant – pas encore gagné par le stress de son père licencié d’une compagnie de travaux publics – lui avait commandé une montagne de sucreries.

Deux jours plus tard, une autre lettre était arrivée disant, «Je veux que mon papa revienne dormir à la maison. Pourquoi reste-t-il allongé sur un matelas toute la journée ? Pourquoi y a-t-il des tas de cartons sur lesquels mon papa a écrit en laissant des fautes d’orthographe ?»

Le 24, juste avant de quitter la Laponie, le père Noël avait reçu une troisième lettre. Dedans, une seule phrase : «Je veux les sucreries... elles sont pour mon papa.»

D'accord, on a traite le sujet dans l'ideal..Mais les bonheur ne fait-il pas le malheur des autres?
Décidément, Noël, c’est pas un cadeau ! C’est peut-être la fête des enfants, mais c’est clair, que les adultes, eux, ne sont pas à la fête. Je veux parler des cadeaux. Un vrai casse-tête. Je ne sais pas pour vous, mais moi, toute cette agitation dans les rues et les magasins, ça m’a rendu complètement « gounga ». Je ne sais plus où donner de la tête, d’ailleurs, c’est simple, au bout d’une demi-heure dans ce tourbillon, j’ai l’esprit aussi vide qu’une noix de coco sèche. Je finis par ne plus savoir quoi offrir, ni surtout, à qui je dois offrir quelque chose.

Non c’est vrai. Il faut slalomer entre les piétons, les marchands ambulants et les voitures, faire attention à son sac à cause des pickpockets, regarder où l’on met les pieds sous peine de trébucher parce que les trottoirs sont défoncés, le tout dans un concert de klaxon et de musique beuglante sous un soleil de plomb. Et là-dessus, il faut essayer de « spoter » les étals dans l’espoir de dénicher la perle rare. Et bien moi, j’y arrive pas. Trop de monde, trop de bruits, trop de frénésie, trop d’objets moches et superflus. À ce propos, c’est extraordinaire la propension humaine – illimitée, semble-t-il – à fabriquer de l’inutile, du ridicule et de la laideur. Je tire mon chapeau. C’est qu’il en faut du génie pour concevoir toutes ces horreurs.

Bref, cette débauche de marchandises a sur moi l’effet contraire à celui recherché. Je n’ai qu’une envie, celle de fuir. Ce que je fais. Et c’est comme ça que depuis dix jours, je me dis que demain sera un autre jour. Le problème, c’est que demain, c’est comme la veille. Rien à faire. J’en ressors toujours aussi ahurie. Sans compter qu’il faut quand même caser le boulot entre deux recherches désespérées du cadeau idéal, c’est-à-dire, celui qui est tout à la fois beau, utile, pas cher et qui fera plaisir. Inutile de vous dire que je n’ai pas tout trouvé. Et que tout à l’heure, au déjeuner familial, je vais devoir fournir quelques explications… Ah, si seulement le Père Noël existait pour de vrai !
Ca nous ferait une belle paire..A quand la Mère Noël?

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14 décembre 2006

Atterré et enterrée...

Atterré, mon sentiment cet après-midi en découvrant la décision des juges sur l'affaire Seznec ce soir quasiment définitivement enterrée dans son volet judiciaire du moins. Quelques mots donc sur cet événement qui doit faire l'ouverture des journeaux télé d'aujourd'hui, et qui fera la une de la presse écrite demain.  La cour de cassation  vient de rejeter la demande de révision de cette affaire lancée par le Garde des Sceaux Lebranchu en 2001. On en saura pas plus sur cette affaire qui nous renvoie 80 en arrière, malgré les éléments nouveaux et les ombres qui avaient alors plané sur le crime. Intéressez vous-y si voue en entendez parler car il y a là quelque chose d'étonnant, quel que soit le fin mot de cette affaire. Que Seznec fut ou non coupable est une chose. Que la justice refuse de se pencher dessus à nouveau alors que son ministre de tutelle jugeait cela raisonnable en est une autre. Je suis dubitatif face à cette affaire: d'une part je ne veux pas sombrer dans la démagogie du "justice pourrie", mais d'autre part je ne comprends pas ce manque de flexibilité de l'institution judiciaire quand il s'agit de revenir sur son jugement, surtout alors qu'elle doit par définition laisser toujours le bénéfice du doute. La justice est indépendante et c'est tant mieux. Mais elle doit être capable de réflechir son jugement, de se juger dans le temps même. Et sont des cas comme ça qui pèsent sur sa réputation, qui ternissent son image dans l'opinion. Cela en même temps que la réforme au rabais après Outreau, c'est somme toute triste. Ca donne de toute évidence un sentiment de rendez-vous manqué...

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12 décembre 2006

Au secours !

Un billet pour revenir sur cette nouvelle de une: hier s’est ouverte à Téhéran (Iran) une conférence qui réunit le gratin mondial (salement cramé quand même) du négationnisme. Voici des gens venus du monde entier pour discuter de l’holocauste, déterminer ce qui selon leur point de vue relève de la réalité et du mythe. Cette conférence a été voulue par le Président iranien Amhadinejad, lui-même favorable à la destruction d’Israël. Il a donc invité pêle-mêle tous ceux qui partagent son point de vue : l’ancien parlementaire américain et ex-membre du Ku Klux Klan David Duke, des rabbins ultra orthodoxes et antisionistes favorables à la disparition d’Israël, ou encore le Français Robert Faurisson plusieurs fois condamné en France pour propos négationnistes, ceux-ci renvoyant aux plus belles heures de l’antisémitisme d’avant guerre en France. A la tribune, Faurisson se lance dans la vieille rengaine de « l’absence de preuves » de l’extermination des Juifs par le régime nazi. Au secours !!! Soixante ans après des gens peuvent encore tenir de tels propos, niant les témoignages, les charniers, les archives trouvés dans les camps d’extermination, ainsi que les aveux des principaux dirigeants nazis lors du procès de Nuremberg ! L’horreur… La déclaration qui m’a également frappé et terrifié fut celle du ministre des affaires étrangères iranien, Mottaki. Après un rapprochement entre sionisme et nazisme comme deux formes de racisme, il affirme que l’antisémitisme est un phénomène occidental, niant par principe toute possibilité d’existence d’antisémitisme ou de racisme en général dans les pays de l’Islam. Affirmer cela dans le cadre d’une telle conférence, ça fait vraiment froid dans le dos…

Et pour ouvrir sur un cadre moins géopolitique, et plus « intellectuel », avec des personnages comme Faurisson resurgit les démons racistes et antisémites de l’extrême gauche. Car ces horreurs ne sont pas l’apanage de l’extrême droite, et la France s’est pas mal illustré dans ce registre (à commencer par Céline que ses premières positions situe très à gauche : texte sur les 35 heures avant la lettre, Voyage au bout de la nuit traduit en russe par Elsa Triolet, etc.). Et derrière Faurisson c’est la librairie-éditeur d’extrême gauche La Vieille Taupe qui est en accusation. Et plus déprimant encore je découvre que l’ouvrage dans lequel il a affirmé ses thèses négationnistes en 1980 a été préfacé par Noam Chomsky, un des leaders de la gauche américaine, et un des très grands intellectuels du Vingtième pour moi. Comme quoi même si cela paraît évident on ne saurait jamais assez se méfier des formes prises par les réflexes phobiques dans la société, ceux qui construisent toutes les formes de xénophobie dont la plus la plus délirante et la plus structurée à la fois est encore l’antisémitisme, avatar toujours mal digéré malgré le Vingtième siècle et l’horreur de la Shoah.

En lien quelques infos complémentaires sur la conférence : Libé.fr et la simili dépêche AFP piochée sur Voila.fr

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08 décembre 2006

Fort matage

kramnik_vs_deep_fritz

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Une autre brève pour parler d’un événement qui n’a pas fait la une des journaux et media, mais que je trouve assez intéressant. Un cap vient cette semaine d’être définitivement franchi dans cet affrontement qui nous fait tant fantasmer entre l’homme et la machine, et ce de manière étonnante, quasi psychologique. Cette semaine s’est achevé le duel aux échecs entre le champion actuel Vladimir Kramnik et l’ordinateur Deep Fritz. Depuis les duels entre Kasparov et Deep Blue, on se pose la question de la limite atteinte par l’humain face à la puissance de calcul de la machine. S’affrontent là une capacité à anticiper un maximum de coups d’une part, et à discrimer les « meilleurs coups » d’autre part. C’est là la limite de l’intelligence artificielle actuellement sur les échecs, et de fut parfois un véritable défaut quand on vit il y a quelques années un ordinateur jouer un coup suicidaire en offrant une tour. Ce choix incompréhensible pour les observateurs s’était révélé être la seule défense possible contre un mat en huit coup. Mais cette attaque adverse était tellement sophistiquée qu’aucun humain n’aurait pu la concevoir. Plutôt que d’anticiper l’improbable l’ordinateur aurait gagné à bluffer... Mais ce genre d'erreurs est en voie d'être gommé, et la puissance de calcul compense semble-t-il le problème de juste discrimination dans le choix des coups à jouer à présent. La quantité à partir d’un certain volume surpasse la qualité.

Les duels entre Kasparov et Deep Blue en 1996 et 1997 ont donné lieu à de nombreux débats. Le premier affrontement a vu le triomphe momentané de l’homme, quand le deuxième accorda une victoire sur le fil à l’ordinateur. On pu dire alors que l’homme avait bizarrement craqué devant la pression, abandonnant certaines manches où le nul pouvait être acquis. Depuis les duels humains/machine, notamment avec Kramnik, ont donné lieu à des égalités systématiques. Mais cette semaine Kramnik lors de la sixième manche a subi sa deuxième défaite face à Deep Fritz, les quatre autres manches étant des nuls. La machine l’a aujourd’hui nettement emporté sur l’humain, et il y a désormais peu de chances d’inverser la tendance. Depuis Deep Blue l’humain entretenait l’illusion de l’égalité. Mais à présent l’irréversible se donne certainement à voir, la puissance de calcul des ordinateurs allant croissante. Si la possibilité de ne serait-ce que voir un humain gagner une manche face à un ordinateur existe toujours, sa concrétisation, son actualisation dans la réalité risque de ne pas avoir lieu. La victoire humaine est passée du côté du virtuel dans son affrontement avec la machine, avec le virtuel lui-même donc. Cruelle ironie.

Mais le plus intéressant est la manière dont l’humain a été terrassé. La dernière partie était d’emblée problématique : avec les noirs et une manche perdue déjà à son actif, Kramnik a dû prendre des risques, et sa défaite nette et logique découle en partie de la situation globale de l’affrontement. Le tournant du duel se situe donc en amont, à la deuxième manche. L’humain parvient à éviter les attaques de l’ordinateur et même à obtenir une position supérieure. Le nul est alors envisageable avec les noirs. Mais la psychologie doit entrer en compte, même face à un ordinateur. A croire que l’homme joue d’abord face à lui-même aux échecs, et que même les meilleurs sont faillibles. Kramnik joue un coup qui l’amène immédiatement mat de manière évidente. Lui-même ne comprend pas rétrospectivement son geste. Les méandres insondables de son inconscient, loin d’être virtuels, ont ainsi donné la suprématie des échecs à la machine. L’humain peut toute fois se consoler et espérer en se tournant du côté du go au sujet duquel on dit que les ordinateurs sont encore loin d’égaler les maîtres humains…

Un lien vers de détail de cet affrontement :

http://www.europe-echecs.com/articles/article-ee.php?id_article=399

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07 décembre 2006

Trou d'air

C'est pas une nouvelle cruciale, ou très classe, mais elle m'a fait assez sourire. Ca se passe pendant un vol d'un Boeing 737 entre Washington DC et Dallas aux Etats-Unis. En cabine, les passagers et membres d'équipage remarquent une forte odeur de brûlé. Celle-ci se fait suffisamment sentir pour que l'avion demande à être dérouté de son plan de vol pour attérir d'urgence à Nashville (Tennessee). A terre, les autorité inspectent l'avion et découvrent l'origine de l'odeur suspecte: des allumettes auraient été craquées dans la cabine. L'enquête remonte la piste, et aboutit à une femme qui, ne manquant pas d'air, avoue d'emblée les faits: c'est bien elle qui a craqué ces allumettes, mais pensant là user d'un subterfuge pour, par l'odeur de brûlé, masquer ce que l'on nomme pudiquement ses propres "odeurs corporelles". Du fait du désagrément qu'elle aura occasionné, et malgré sa tentative louable d'en épargner un autre à ses voisins de cabine, la flatulente personne subit un vent contraire et ne se voit pas autorisée à repartir sur le vol avec les autres passagers. Une bien triste histoire en somme.

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21 novembre 2006

Starac-cident de parcours

[Précision préalable: ce texte récupéré du précédent pavillon des fous date du 8 octobre. Il n'est donc plus directement d'actualité, mais conserve encore je trouve une ceraine pertinence. Et bouffi d'orgeuil jusqu'au bout des ongles je le trouve toujours très bon. Donc je vous le ressert, sans même me servir de l'excuse expliquant que les denriers rebondissements au chateau sont l'occasion de nouveaux développements sur le sujet dans lesquels je me lancera peut-être pour prolonger la réflexion - la prétention n'a pas de limite - menée ci-dessous]


L’heure est grave au château, amis épris de voix qui déraillent et de sentiments dégoulinants ! La crise couve au château avec un déroulement déroutant de cette saison, partie sous de problématiques auspices : des candidats qui d’entrée paraissaient savoir chanter, mais affublés du charisme des huîtres du bassin d’Arcachon déversées devant les locaux de l’Ifremer, attendant sagement que le soleil ravage et assèche leur chair flasque et odorante. Alors que l’an dernier avait très exactement montré ce qu’était une saison réussie de téléréalité, cette année le schéma se trouve bouleversé, et nous risquons d’assister au triomphe d’une médiocratie non pas comme en 2005-2006 illégitime, huée, mais bien légitimée, sûre de son fait, arrogante et persuadée de son mérite…

Des Fins de la téléréalité

Je ne vais pas bassiner tout le monde avec des considérations cent fois reprises partout. Mais pour ma part, je vis arriver le Loft avec des yeux ébahis, adhérant tout de suite à un format extraordinairement vif, scénarisé tout en ayant en lui les potentialités de l’implosion. Ca a été une machine à penser l’image tout à fait utile, efficace, problématique, mettant au jour des réactions aussi bien de fascination et de répulsion révélatrices. Néanmoins, mon enthousiasme de voir ce procédé poussé à son extrême limite afin de péter le système de l’intérieur fut douché par l’échec retentissant de Gloire et Fortune qui pourtant reste pour moi l’un des grands moments de télé de ces dernières années. C’en était fait du concept, si l’homme s’était bien retourné et avait vu la machine, il avait renoncé à sortir de la caverne, préférant mollement demeurer au fond du trou.

Mais l’an dernier j’ai renoué avec ces amoures déçues, devant me coltiner quotidiennement le programme dit de variété musicale et de divertissement humain (et, y a pas à dire, l’humain est diverti, sous forme de diversion, et l’on comprend mieux les critiques qui jalonnent les siècles à l’égard du divertissement, Pascal, à force de se retourner dans sa tombe doit être en petits morceaux). Et là surprise, ça dépassait mes espérances les plus folles. Incapable de sortir du modèle par le haut, les intermittents de l’image semblaient déterminés à en sortir par le bas, en creusant toujours plus profondément par la bêtise, l’orgueil, la mesquinerie, et surtout l’absence quasi-totale de qualités dites artistiques, enfin disons simplement qu’ils étaient incapables de chanter, et pourtant c’est tout ce qu’on leur demandait. Chaque jour j’oscillais entre hilarité complète ou honte pour ces personnages malmenés par la méchante petite boîte lumineuse.

Les 120 jours (et un peu plus) de Salo (pour ne pas être grossier)

C’est au cours de cette cinquième saison de la Staracademy que s’est dessiné un schéma des plus intéressants, directement emprunté à un chef-d’œuvre de Pasolini. Trente ans après on assistait à un remake de Salo ou les 120 jours de Sodome (je passe sur Sade car c’est bien d’images dont il est question). Depuis le cadre d’abord : un château antre de tout les voyeurismes, de tous les aspects humains, mêmes les plus tabous… Puis à travers les portraits et éliminations des candidats qui semblaient suivre selon le terrible trajectoire des trois cercles successifs, mâtinés d’interludes sexuels, à l’image du film, mais évidemment pseudo sexualistation, rapports sublimés, évoqués dans la starac, constamment sous-entendus comme se déroulant dans un hors champ dont on ne nous laisser voir que la façade et entendre quelques rumeurs à peine audible.  Car l’on est bien dans un programme familiale, et la ménagère de moins de 50 ans, pas besoin de lui expliquer, suffit d’évoquer, et comme ça tout le monde est d’une certaine manière excité). Sexualité fantasmée, écran dans l’écran, ou écran de l’écran.

Mais surtout cette ce dessin rapidement révélé au gré des élimination : les trois cercles concentriques qui structurent le film comme ils rythment le programme télé. Cercle des passions, cercle de la merde, cercle du sang. Dans le comportement des candidats : enthousiasme hystérique d’abord, mesquinerie, mensonges et intrigues ensuite, affrontement frontal enfin. Dans le processus d’avancée du jeu, avec les éliminations :

- sorties des Fantômes en premier, ces candidats dont la présence semble empruntés, qui ne savent plus ce qu’ils font dans ce cadre, qui errent du lit aux salles de cours, des salles de cours au lit, ne retirant rien du lieu et n’y imprimant rien, remarquables donc par leur transparence, caractéristoique étonnante pour un programme d’images

- des Herbivores par la suite, faibles et/ou lâches principalement, présence à l’image, mais trop faibles par rapport aux autres, incapables soit de bien chanter/danser/répondre aux critères d’évaluation, soit de s’imposer dans le groupe par la force ou la nature, jouant des coudes en vain, geignant de ne pas avoir les crocs pour dévorer les autres. Catégorie la plus intéressante car elle regroupe ce premier niveau de l’incarnation, mais imparfaite. Ceux chez qui quelque chose déraille, chez qui il y a des éléments chaotiques irrécupérables malgré les efforts et tentatives des profs. Ceux qui font la « quotidienne » mais menacent le « Prime ». Ceux qui font le programme et menacent de le détruire.

- des Carnivores enfin soumis au régime de l’entre-déchirement.

Disparition des absents d’abord, des mauvais ensuite, des moins pires enfin. La logique semblait parfaite, la mécanique éprouvée. Les rôles étaient tenus par des personnages admirables, le tout dans un climat délétère, des crises constantes, une excitation (érotisation ?) permanente, une sorte d’ambiance finalement « épidermique », comme si l’image, cette pure surface prétendant sans cesse à la profondeur, s’assumait comme telle et devenait elle-même à fleur de peau.

Et au milieu de tout cela, comme chez Genet, et la parenté avec Pasolini se trouve un peu corroborée, une victime triomphante : Magalie. Extraordinaire aboutissement de cette saison, où une simple voix, désespérément en quête de désincarnation, et l’on comprend pourquoi, pas jolie, pas franchement gentille, et pas non plus formidablement douée, allait l’emporter. Tout a déjà été dit sur le sujet, mais ce qui m’a le plus frappé aura été la position que Magalie aura tenue de bout en bout de l’émission. Ancienne fan, elle le sera restée jusqu’au terme, retournant le phénomène d’identification. Là où les spectateurs aspirent à devenir comme leurs idoles, et voient dans ces candidats la potentialité de ce devenir, ils ont plébiscité celle qui refusait ce devenir et ne souhaitait que rester elle-même spectatrice. La quantité de séquences où l’on voit Magalie en train de regarder ses camarades comme si elle se trouvait toujours de l’autre côté de l’écran est considérable. Elle devint l’incarnation du spectateur dans le château, le redoublement du phénomène de voyeurisme, créant un effet de mise en abyme qui précisément est je crois la grande menace de la téléréalité. La starac 5 rejoint pour moi Gloire et Fortune, avec par différence un succès télévisuel, mais symétriquement un échec commercial retentissant pour ses acteurs, et surtout son héroïne. Mais le système avait été mis en péril, questionné, comme revisité.

Le Cercle des poètes disparus

Alors pourquoi je parle de ce truc dépassé et dont tout le monde immanquablement se fout? Certainement pour me donner bonne conscience, par une théorisation et une rationalisation sauvages, de regarder encore cette année la starac. Mais il semble bien que de la dialectique progressive qui amenait à traverser trois cercles infernaux, on soit passé au gris d’un cercle unique, mielleux et consensuel. Ainsi l’heure est grave citoyens cathodiques ! L’heure est aux changements profonds face à cette menace. Parce que ce schéma si violent, si extrême de l’an denier a bel et bien posé problème à ceux qui fabriquent ce produit, au point de le revoir de fond en comble. En même temps qu’une efficacité maximum atteinte par la mise en relief du médiocre, le programme a failli se dévorer lui-même. C’est très visible cette année, ou après une brève élimination des fantômes les plus évidents, ce sont les monstres du cercle de la merde qui sont déjà visés. Les cas les plus pathologiques, les vrais mauvais susceptibles d’apporter le déraillement à la fois nécessaire au programme et dangereux pour lui sont les uns après les autres mis au rebut. Eloïsha, vulgaire, bête et mauvaise est partie, Céline la jolie hystérique tête à claques aussi, et enfin Faustine la neuneu insupportable et incapable vient de prendre la porte. Leurs fonctions sont désavouées par le programme qui les a pourtant créées. L’année dernière, Jill, Maud ou encore Ely, équivalent lointain mais potentiels de ces candidates malheureuses étaient allé loin dans « l’aventure ». Restent, outre les Carnassiers, les Transparents rescapés dont le règne semblent se dessiner. Devant le danger d’implosion, la téléréalité se barricade, et fait le choix du médiocre terne contre celui flamboyant. Pas de vagues, pas de sexe, pas de cris. Des larmes oui, un peu d’hystérie contrôlée, des bons sentiments, pas les mauvais… L’humain filmé/enfermé se professionnalise, les fantômes s’incarnent dans des mannequins figés. Le détournement du juste milieu, de l’arêté aristotélicienne, semble être la voie de la « sagesse » qu’emprunte la téléréalité, sacrifiant toute autre voix, aussi bien le chant que le cri, aussi bien la sainte que la fée… Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron… Peut-être aurait-on dû rester là-bas…


Posté par seleniel à 18:46 - comme à la télé - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]